LE CONCEPT DU HÉRISSON

Entreprise stratégique | 0 commentaires | par Gérard Ruelland

Selon une vieille parabole grecque appelée Le renard et le hérisson, le renard est une créature astucieuse qui est capable d’imaginer des stratégies complexes pour attaquer constamment le hérisson. Il tourne autour du terrier et attend le meilleur moment pour bondir sur sa proie. Quant à lui, le hérisson ne connaît qu’une seule chose mais il la maîtrise parfaitement. Il se roule en boule, dresse ses épines et de cette manière, met hors d’état de nuire le renard. Et le hérisson gagne toujours.

Isaiah Berlin est un philosophe anglais d’origine russe décédé à la fin des années 90. Dans son essai Le Hérisson et le Renard, il est parti de cette parabole pour diviser les êtres humains en deux grands groupes : les renards et les hérissons. Les renards voient le monde complexe, nécessitant de poursuivre plusieurs objectifs en même temps. Ils ont tendance à s’éparpiller et éprouvent une certaine difficulté à avoir une vision d’ensemble. Les hérissons tentent de voir l’essentiel et ignorent le reste. Ils simplifient au maximum le monde et s’efforcent de réduire les défis et les problèmes à des idées simples et à un concept unique qui leur servira de guide. Selon Berlin, les hérissons sont loin d’être stupides et ont compris que « l’essence d’une profonde perspicacité est la simplicité ».

Dans son best seller De la performance à l’excellence, Jim Collins a étudié ce qui caractérisait véritablement les entreprises performantes. Et il a constaté un paradoxe intéressant. La complexité de l’environnement d’aujourd’hui, une concurrence toujours de plus en plus féroce et des innovations technologiques continuelles et rapides justifieraient un modèle de gestion sophistiqué et complexe. Mais les entreprises les plus performantes ont bâti leur succès sur un concept extrêmement simple, mais qu’elles maîtrisent parfaitement. C’est ce qu’il a appelé « Le concept du hérisson ». Ces entreprises se comportent comme le hérisson : face à la complexité du monde, elles développent un concept le plus simple possible, elle en exploitent tout le potentiel et l’utilise comme guide pour prendre leurs décisions stratégiques.

La difficulté est de choisir le bon concept. Selon Collins, il faut satisfaire à trois conditions pour espérer que « votre concept du hérisson » soit pertinent et efficace.

En fait, cet exercice stratégique doit répondre à trois questions fondamentales. Si vous répondez positivement à ces trois questions, vous avez trouvé votre position d’excellence, comme l’indique le schéma ci- dessous.

 

Sans titre

  1. Où est-on les meilleurs? Pour le savoir, il faut analyser ses compétences-clés, bien situer sa position concurrentielle et connaître son potentiel de développement. Il faut être les meilleurs dans l’orientation que l’on a
  1. Est-ce qu’on va faire de l’argent? La dimension économique du concept est capitale. Il doit guider nos efforts pour optimiser la rentabilité. On doit s’assurer que les clients sont prêts à payer pour ce que nous
  1. Est-ce que les employés vont embarquer dans le projet? La passion ne se décrète Le projet doit susciter de l’intérêt chez les employés, doit leur donner le goût de s’investir, et idéalement, les passionner.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>